Poterie
APRÈS LE RESSUYAGE
Après avoir ressuyé dans un endroit fermé, le potier ajoute aux pièces différents éléments, par exemple les anses, préalablement façonnées à la main avec une argile plus tendre.
Les becs des botijos, réalisés séparément au tour, sont eux aussi ajoutés à la pièce déjà formée, dont on perce le corps à l’aide d’un bâton.
Selon leurs caractéristiques, la décoration intervenait à différents moments du processus. Les incisions étaient réalisées pendant que la pièce encore fraîche tournait sur le tour. Les motifs simples de la céramique peinte étaient appliqués à l’oxyde avant la cuisson.
Les pièces étaient ensuite mises à sécher : au soleil pour la poterie commune et à l’ombre pour la céramique fine. Elles étaient ensuite stockées dans l’attente de la cuisson.
CRUCHES SÉCHANT AU SOLEIL
Certains aliments étaient conservés dans de ventrues marmites en céramique vernissée. Dans l’obscurité de leur ventre reposaient, enveloppées de graisse, les savoureuses conserves de la matacía, l’abattage traditionnel du cochon : tranches de longe, longaniza et côtes.
POTERIE NON VERNISSÉE
Poterie non vernissée destinée à l’eau —cruches et botijos— provenant des ateliers de Tamarite de Litera et de Huesca, dont les fours cessèrent de fonctionner au cours de la première moitié du XXe siècle.
ENFOURNEMENT DES PIÈCES
L’enfournement des pièces est une opération délicate et lente.
Elles sont empilées verticalement dans le four, généralement ouverture contre ouverture, ou séparées par des supports à trois branches en terre cuite, appelés trépieds.
Les fours comportaient deux chambres : une chambre inférieure pour le combustible et une chambre supérieure pour les pièces.
La cuisson dure environ une journée. Le combustible est alimenté en continu. On commence par un feu modéré, qui permet aux pièces de perdre leur humidité, puis la température est portée à environ 800 ou 900 degrés.
Une fois la cuisson terminée, le four refroidit pendant 24 à 48 heures, avant d’être déchargé du haut vers le bas.
Les pièces étaient stockées dans l’attente de leur vente, soit directement par le potier, soit par l’intermédiaire de muletiers ou d’établissements commerciaux.
LA TERRE
La terre est étalée sur le sol à l’air libre. Les mottes sont broyées à l’aide de rouleaux, puis la poudre obtenue est passée au tamis.
La terre est placée dans un grand bassin avec de l’eau. L’argile y est assouplie avec les mains et les pieds. Une fois liquéfiée, elle est transférée dans un autre bassin où l’eau disparaît par évaporation.
Après extraction, l’argile est laissée à sécher quelque temps. Avant son utilisation et son pétrissage, elle est divisée en morceaux faciles à manipuler.
Pour chasser l’air contenu dans l’argile, celle-ci est pétrie avec les mains et les pieds, formant ainsi les mottes qui passeront immédiatement au tour.
POTERIE VERNISSÉE
Poterie vernissée destinée au feu, aux conserves, à l’huile et au vin, provenant des ateliers de Naval et de Bandaliés (Huesca), dont les fours cessèrent de fonctionner au cours de la première moitié du XXe siècle.
