Museo de Artes y Oficios

Forge, poids et mesures

Planta Baja

LA FORGE

Dans les mines de Bielsa, dont les entrées s’ouvraient sur les versants inhospitaliers de très hautes montagnes, on extrayait un minerai d’excellente qualité. Il était descendu jusqu’à Bielsa, Javierre ou Salinas où, dans les anciennes fargas installées au bord de la rivière, on produisait un fer très apprécié. Pendant de nombreuses années, le fer de Bielsa alimenta les forges du Haut-Aragon.

Chaque village, chaque hameau, chaque maison isolée possédait une forge. C’était un local sombre, peuplé de lumières et de bruits mystérieux : le souffle haletant et rythmé du soufflet, les coups énergiques encaissés par l’enclume, le sifflement tranchant du fer brûlant plongé dans l’eau, la petite flamme vive du charbon incandescent… Dans cet atelier enfumé régnait le forgeron.

Les forgerons étaient nombreux dans le Haut-Aragon : ils affûtaient les houes et les socs de charrue, fabriquaient des haches, des couteaux, des charnières, des verrous et des clous, et ferraient les animaux de trait. Leur travail les rendait indispensables à chaque communauté.

Certains étaient très créatifs et exprimaient leur goût artistique dans la décoration de targettes ou de magnifiques heurtoirs qui embellissaient les solides portes des maisons de montagne.

FER-BLANC

Au début du XXe siècle, l’apparition du fer-blanc simplifia des procédés jusque-là très spécialisés et coûteux. Le cuivre, par exemple, exigeait des chaudronniers un long travail de martelage, tandis que le ferblantier découpait les feuilles, mettait les pièces en forme puis les soudait.

Le fer-blanc s’imposa dans de nombreux objets de la vie quotidienne. Les pièces les plus simples —entonnoirs, seaux, burettes à huile— étaient fabriquées par des artisans ambulants qui les vendaient de village en village. Les récipients destinés à mesurer les liquides —vinaigre, huile, vin— constituaient un cas particulier : exigeant davantage de précision, ils étaient réalisés dans des ateliers spécialisés, comme ceux qui existaient à Barbastro, notamment celui de Guatas dans la Calle Mayor ou celui de Pardina sur la Plaza del Mercado.

Dans les années 1950, le plastique commença à s’imposer. L’arrivée massive de pièces industrielles relégua progressivement le métier de ferblantier dans l’oubli.

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